Le 30 octobre 2017, la Coordination régionale des organisations de la société civile de Kidal, le Bureau régional de la MINUSMA, à travers sa Section des Affaires Judiciaires et Pénitentiaires et sa Division des Affaires Civiles, ont conjointement tenu une journée d’information et de sensibilisation des populations de Kidal, sur le thème "Justice formelle et Justice traditionnelle : quelle complémentarité ?″
L’atelier a réuni environ 40 personnes parmi lesquelles, les représentants des Autorités Intérimaires, les cadis, les chefs de groupes armés, les membres de la société civile, les chefs religieux, les jeunes et les femmes de Kidal. Une rencontre tenue en partie grâce au financement du Contingent néerlandais de la MINUSMA et qui est un outil de plaidoyer, pour mettre en exergue l'importance de la justice et de l'état de droit, ainsi que la nécessité d'une complémentarité constructive entre les deux systèmes de justice.
« Cet atelier nous a permis de comprendre les relations et la complémentarité entre les deux systèmes de justice dans le contexte du processus de paix. Il a également constitué une occasion pour nous les participants d'échanger sur le sujet, » a mentionné Mme Tandaw Wallet Aki, présidente de l’association ‘’Tatrit’’.
Dans son message aux participants, le Chef de Bureau de la MINUSMA à Kidal, El Hadji Ibrahima Diene, a rappelé que l'accord de paix issu du processus d'Alger, contient des dispositions importantes sur la justice et l’Etat de droit, y compris une disposition appelant à la revalorisation du système des cadis. « L’appui des parties pour la mise en œuvre de l'accord de paix est au cœur du mandat de la MINUSMA, d'où l'importance pour celle-ci de travailler avec ses partenaires locaux sur les aspects liés à l’Etat de droit dans l’accord de paix, dont la mise en œuvre est cruciale pour la réalisation de la paix durable au Mali, » a-t-il souligné.
La région de Kidal est caractérisée par la prédominance de la justice traditionnelle, délivrée par les cadis et les autorités traditionnelles et, l'absence de pouvoir judiciaire formel au cours des dernières années comme conséquence de la crise. Alors que le système de justice traditionnelle, joue un rôle important dans la cohésion sociale et le règlement des différends, il ne peut faire face à tous les défis de la criminalité moderne, y compris les violations graves des droits de l’Homme liées au conflit. D'où l'importance de la mise en œuvre de toutes les dispositions de l'accord de paix relatives à l’Etat de droit et au rétablissement d'un système judiciaire moderne et crédible, pour contribuer à l'instauration de la loi et de l'ordre et favoriser une paix durable.
« Nous sommes très enthousiastes. Face à notre attachement au système de justice traditionnelle et au rôle des cadis, j’appelle à leur revalorisation, » a poursuivi Mme Tandaw Wallet Aki.
M. Abou Abass, Chef de la section des Affaires Judiciaires et Pénitentiaires de la MINUSMA à Kidal, a expliqué l'importance d'assurer un système de justice équitable, dans l’esprit de l'accord de paix et, en conformité avec les standards internationaux des droits de l’homme applicables. « Les institutions judiciaires légitimes doivent être rétablies pour tirer d’avantage des forces des deux systèmes de justice, » a-t-il ajouté.
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La complémentarité entre justice formelle et traditionnelle au centre d’un atelier à Kidal
- 04 novembre 2017
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