Un Casque bleu de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) est décédé, jeudi 4 juin, après le bombardement la veille de sa position près de Marjeyoun, dans le sud-est du Liban, a annoncé jeudi un porte-parole de la mission onusienne.
La FINUL, qui n’a pas précisé d’où avaient été tirés les obus de mortier, a ajouté que deux autres Casques bleus avaient été blessés dans la même frappe et sont actuellement soignés dans un centre médical de la base de la mission onusienne.
« Peu après l’incident survenu tard dans la nuit, le soldat grièvement blessé a été transporté par avion dans un hôpital de Beyrouth où il a succombé à ses blessures », a précisé la FINUL, sur son canal Telegram officiel.
Des centres d’hébergement collectifs débordés
La poursuite de l’escalade et les nouveaux ordres d’évacuation émis par Israël pour les gouvernorats du Sud et de Nabatiyeh ont provoqué des déplacements de population à grande échelle. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), les centres d’hébergement collectifs, en particulier dans les districts de Saïda et de Tyr, dans le gouvernorat du Sud, sont débordés.
« Les centres d’accueil sont pleins, et un nombre croissant de personnes déplacées trouvent refuge dans des espaces ouverts », a détaillé l'OCHA dans son dernier rapport.
Le nord du Liban est devenu la principale zone d’accueil des populations nouvellement déplacées, et le gouvernorat de la Bekaa continue d’absorber les arrivants, avec l’ouverture et la préparation d’écoles supplémentaires pour servir de centres d’accueil collectifs.
Du côté de la capitale libanaise Beyrouth et du Mont-Liban, les centres d’hébergement collectifs seraient pleins à craquer, ce qui oblige les autorités à envisager des solutions alternatives, notamment la mise en place de campements.
Hébergements de plus en plus surpeuplés
Selon les autorités locales, 30 000 familles du gouvernorat du Sud et 4 000 familles du gouvernorat de Nabatiyeh ont fui les violences ces derniers jours.
A ce jour, près de 135 000 personnes sont enregistrées dans des hébergements collectifs, qui sont de plus en plus surpeuplés, tandis que des milliers d’autres se trouvent dans la rue et sur le littoral, entre autres.
A Beyrouth, l’ONU estime à 200 000 le nombre de personnes déplacées depuis la banlieue sud à la suite de l’ordre d’évacuation émis par l'armée israélienne le 1er juin.
Elles sont réparties dans 634 centres d’hébergement collectifs à travers le pays, les gouvernorats de Beyrouth et du Mont-Liban continuant d’accueillir le plus grand nombre de personnes.
Lancement d’un appel de fonds éclair
Selon l’OCHA, cette nouvelle vague de déplacements exerce une pression considérable sur des systèmes déjà débordés. La situation humanitaire au Liban s’est fortement détériorée entre le 29 mai et le 1er juin, marquée par une nouvelle escalade des hostilités et une aggravation significative des risques en matière de protection, des niveaux de déplacement et des besoins humanitaires.
Sur le terrain, l’accès humanitaire reste très « limité et imprévisible », en particulier dans les zones où les hostilités sont en cours et où de nouveaux ordres de déplacement ont été émis.
Les restrictions de circulation, l’insécurité et les infrastructures endommagées continuent d’entraver l’accès aux services essentiels, notamment aux soins de santé, aux marchés et à l’aide humanitaire.
Pour répondre à cette crise qui évolue rapidement, un appel éclair prolongé pour le Liban 2026 devrait être lancé ce vendredi 5 juin, en coordination avec le gouvernement libanais. L’objectif est de mobiliser des ressources supplémentaires et d’intensifier l’aide humanitaire d’urgence jusqu’au 31 août.





