Democratic Republic of the Congo

About
Depuis son indépendance en 1960, la République démocratique du Congo (RDC) a connu plusieurs conflits armés qui ont entraîné une contamination à l'échelle nationale par des engins explosifs et une prolifération illicite d'armes légères et de petit calibre (ALPC). Les mines terrestres et les engins explosifs (EE) entravent le développement économique et social de la RDC, empêchant l'utilisation des terres agricoles et l'amélioration des infrastructures, et exposant les populations locales à des risques constants de mort et de blessures.
Le Service de lutte antimines des Nations Unies (UNMAS) a établie une présence en RDC en 2002 afin de soutenir la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) et le gouvernement de la RDC dans la lutte contre les risques liés aux explosifs et à renforcer les capacités de réponse aux engins explosifs. Ce mandat s'est poursuivi avec la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) depuis sa création en 2010. Depuis lors, l'UNMAS a appuyé la MONUSCO dans la mise en oeuvre de son mandat de protection des civils (PoC), ainsi que des efforts de stabilisation renforcement des institutions étatiques et des réformes clées de gouvernance et de sécurité.
Conformément aux résolutions du Conseil de sécurité, notamment les résolutions 2098 (2013), 2409 (2018), 2463 (2019), 2502 (2019), 2556 (2020), 2612 (2021), 2666 (2022), 2717 (2023), 2765 (2024) et 2808 (2025), L'UNMAS mène des activités de gestion des explosifs afin de protéger les civils et de contribuer à la sûreté et à la sécurité du personnel des Nations Unies, ainsi que des activités de gestion des armes et des munitions afin de renforcer la capacité des institutions nationales de sécurité et de défense à stocker et à gérer en toute sécurité leurs stocks d'armes, conformément aux normes internationales. Le mandat actuel de l'UNMAS en vertu de la résolution 2808 (2025) est axé sur le renforcement et la consolidation des capacités des forces de défense et de sécurité nationales (FDSN), en particulier dans les domaines de la gestion des armes et des munitions (WAM), de la lutte contre les engins explosifs improvisés (C-IED) et de la neutralisation des explosifs (NEDEX). En outre, l'UNMAS appuie le mandat de protection des civils de la MONUSCO en répondant aux demandes NEDEX émanant de la Mission, des FDSN et des civils.
Opérant en RDC depuis 2002, l'UNMAS joue un rôle essentiel dans l'atténuation des menaces liées aux engins explosifs et dans la facilitation de l'accès humanitaire et des efforts de développement communautaire dans la partie orientale du pays, en proie aux conflits. Actuellement, l'UNMAS dispose de bureaux à Beni, Goma et Kinshasa, afin de coordonner et de mettre en œuvre ses activités à l'échelle nationale en soutien au gouvernement de la RDC, à la MONUSCO et à l'équipe de pays des Nations unies.
Impact
Depuis 2022, l'UNMAS a mené à bien 2,170 missions ponctuelles de NEDEX, déminant 1,008,838.6 mètres carrés de terre et détruisant X EE , ce qui a permis à 469,000 bénéficiaires d'accéder en toute sécurité aux infrastructures essentielles et aux terres dans les provinces du Nord-Kivu, de l'Ituri, du Sud-Kivu, du Tanganyika et du Kasaï.
De plus, en tant que seul partenaire international basé en RDC disposant d'une expertise dans le domaine des ALPC, l'UNMAS a détruit 2,495 armes et 3,070,733 munitions. Dans le but de prévenir le détournement des armes appartenant à l'État et leur circulation illicite à l'intérieur et à l'extérieur de la RDC, l'UNMAS a fourni 113 coffres-forts destinés au stockage sécurisé des armes et des munitions. L’UNMAS a également appuyé la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre et de réduction de la violence armée (CNC-ALPC) dans le marquage et l’enregistrement de 12 294 armes appartenant à l'État, facilitant ainsi les processus de traçage. En outre, l'UNMAS a assisté les autorités nationales en leur fournissant un soutien politique et technique dans le domaine de la gestion des armes et munitions (GAM), ce qui a permis de former 1 010 membres des Forces de défense et de sécurité nationales (FDSN).
Le Service de lutte antimines a également dispensé des sessions d’education aux risques des engins explosifs (EREE) à 284,469 membres des communautés et a organisé desformations de sensibilisation aux engins explosifs, y compris les engins explosifs improvisés (EEI) à 2,951 travailleurs humanitaires. Les activités d’EREE visent à réduire les risques de blessures causées par les engins explosifs en sensibilisant les communautés touchées (femmes, filles, garçons et hommes) et en promouvant des changements de comportement. L'organisation opère principalement dans les provinces orientales de la RDC, où des sessions d'EREE quasi quotidiennes sont organisées dans le but ultime de doter les comités locaux de connaissances en matière d'éducation aux risques, de collecte de données, de marquage et de signalement d'objets suspects.
En outre, l'UNMAS a renforcé la sécurité des casques bleus en dispensant une formation pré-déploiement au profit de 2,583 personnel de la Force MONUSCO, et en intégrant des modules de sensibilisation aux risques liés aux EE/EEI dans la formation de sûreté et de sécurité (SSAFE) du personnel des agences, fonds et programmes des Nations unies, améliorant considérablement leur compréhension des menaces liées aux explosifs.
Le Service œuvre à la protection des civils grâce à son équipe de neutralisation des EEI, afin de renforcer les capacités, la préparation et la réactivité de la MONUSCO en matière de neutralisation des EEI, garantissant ainsi la protection des civils et du personnel des Nations Unies dans les situations d'urgence. Ces efforts de renforcement des capacités nationales ont permis de former 1 380 membres des Forces de défense et de sécurité nationales (FDSN) aux cours spécialisés de lutte contre les EEI et de neutralisation des explosifs (NEDEX), renforçant ainsi leurs connaissances pour répondre aux dangers explosifs.
L'UNMAS a également renforcé le Centre congolais de lutte antimines (CCLAM) en lui apportant un soutien « sur le terrain » pour la coordination du programme de lutte antimines, couvrant divers domaines tels que l'élaboration de politiques, la gouvernance, les opérations et la gestion de l'information. Depuis 2019, UNMAS assure le secrétariat du groupe de travail de la MONUSCO sur les mesures d'atténuation des risques liés aux EEI et appuie les autorités nationales dans l’élaboration d’une stratégie nationale globale de lutte contre les EEI.
Depuis 2023, la situation sécuritaire dans l'est de la RDC s'est détériorée, avec une intensification marquée à la fin janvier 2025, entraînant une recrudescence des contaminations et des incidents connexes. L'UNMAS continuera de capitaliser sur les succès obtenus à ce jour pour renforcer son soutien à la lutte antimines humanitaire et de faire progresser la transition des activités restantes de lutte antimines vers les homologues nationaux.
Acitivities
Lutte antimines humanitaire en faveur des réfugiés, des personnes déplacées internes et des communautés touchées par les conflits
Entre novembre 2022 et juin 2025, l'UNMAS a mis en œuvre un projet d'interventions humanitaires de lutte antimines avec le soutien financier de l'Agence coréenne de coopération internationale. Ce projet comprenait la formation d'ONG nationales au déminage humanitaire et à l'EREE, ainsi qu'un soutien sur le terrain à l'autorité nationale de la lutte antimines (CCLAM). Tout au long du projet, les ONG formées à l'EREE et à l'enquête non technique ont organisé des sessions d'EREE à l'intention des populations à risque, notamment les communautés d'accueil, les personnes déplacées internes (PDI) et les réfugiés dans trois provinces de l'est (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri). Par l'intermédiaire d'un prestataire international, le programme a également assuré la formation et le mentorat à trois équipes polyvalentes (MTT) associées à une ONG nationale. Ces trois MTT ont mené des activités NEDEX dans les trois provinces de l'est.
Lutter contre les menaces liées aux engins explosifs résultant du conflit dans l'est
L'UNMAS MONUSCO mène des missions ponctuelles de NEDEX afin d'éliminer la menace que représentent les mines et autres engins explosifs pour les civils, organiser des sessions de sensibilisation aux risques des engins explosifs à l'intention du personnel civil et militaire de la MONUSCO, ainsi que du personnel des organisations des Nations Unies. En outre, l'UNMAS appuie les unités militaires et policières de la Mission à éliminer les munitions obsolètes et inutilisables et à mener des opérations de déminage critiques afin de garantir la sécurité des camps avant leur transfert à des fins civiles.
Ces tâches permettent d'améliorer l'accès aux infrastructures essentielles telles que les routes, les logements, les terres agricoles et les hôpitaux, et facilitent la reprise des activités génératrices de revenus. L'UNMAS gère également une ligne d'assistance téléphonique gratuite, disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, pour signaler la présence d’engins explosifs ou EEI ainsi que les accidents connexes sur l’ensemble du territoire de la RDC.
Numéro de la ligne d'assistance téléphonique de l'UNMAS en RDC : +243 820 383 832
Renforcement des capacités du secteur de la sécurité en RDC et des ONG nationales pour répondre efficacement aux tâches de neutralisation des engins explosifs (NEDEX)
L'UNMAS renforce les capacités des forces nationales de défense et de sécurité nationales (FDSN)en matière de déminage et de neutralisatio n des engins explosifs. Le programme oeuvre au développement d’une capacité nationale durable, en appuyant les FDSN et les ONG nationales dans l’amélioration de leurs capacités en gestion des engins explosifs. En tant que fournisseur de dernier recours, l'organisation joue un rôle crucial en soutenant le CCLAM dans la coordination du groupe de travail sur la lutte antimines au sein du cluster protection. Cela inclut la promotion de la représentation de la lutte antimines au sein des Nations unies aux niveaux national et provincial, ainsi que le soutien aux efforts de mobilisation des ressources. Grâce à ses efforts de politiques et de plaidoyer, le programme soutient le CCLAM à se conformer à l'article 5 de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel, à savoir garantir la destruction de toutes les mines antipersonnel dans les zones contaminées sous le contrôle de l'État.
Gestion des armes et des munitions conformément aux normes internationales
Le Service de lutte antimines soutient le développement des capacités nationales des forces de défense et de sécurité nationales (FDSN) à marquer, enregistrer et gérer en toute sécurité leurs stocks d'armes et de munitions afin d'éviter leur détournement vers des groupes armés, prévenant ainsi les violations des droits humains commises avec des armes appartenant à l'État. En outre, l'UNMAS soutient le CNC-ALPC dans l'élaboration de stratégies nationales et a contribué à l'élaboration, à la mise en œuvre et au suivi du Plan d'action national (PAN) pour la période 2024-2028, validé par le gouvernement de la RDC le 7 novembre 2023, ainsi que de son plan de mise en œuvre. Le PAN sert de stratégie directrice à la RDC sur les aspects clés du contrôle des ALPC, contribuant ainsi à la lutte contre le trafic illicite et à la réduction de la violence armée.
Sur le plan opérationnel, le programme soutient le CNC-ALPC dans le marquage et l'enregistrement des armes appartenant à l'État afin de faciliter les processus de traçage. L'UNMAS apporte également un soutien technique à différentes institutions de l'État (forces armées, police et gardes forestiers des parcs et réserves) grâce à des formations solides et à la construcation ou la réhabilitation d'installations sécurisées pour le stockage des ALPC et leurs munitions.
Analyse et réponse aux menaces explosives
Compte tenu de l'augmentation des incidents liés aux engins explosifs improvisés (EEI) au cours des dernières années et de la complexité technique croissante de leur déploiement, le programme met l'accent sur la nécessité de renforcer la capacité de la Mission à répondre aux menaces liées aux EEI; à travers le renforcement des capacités des troupes de la MONUSCO et de l'armée congolaise en évaluation des risques liés aux explosifs . En outre, l'UNMAS a élaboré une procédure opérationnelle standard relative au partage d'informations sur les EEI, largement diffusée. Entre 2023 et 2024, le programme a soutenu les autorités nationales à élaborer une stratégie nationale visant à contrer et à atténuer la menace des EEI, dont le projet reste en attente de validation. L'Organisation fournit en outre des conseils, des analyses, des formations du mentorat, et remettra du matériel spécialisé afin de renforcer les capacités nationales en matière de lutte contre les EEI en fonction des besoins et des exigences.
Plaidoyer et coordination
L'UNMAS agit en tant que fournisseur de dernier recours pour le domaine de responsabilité (AoR) de la lutte antimines au sein du cluster protection et contribue à l'élaboration des cycles de programmes humanitaires, y compris l'aperçu des besoins humanitaires et le plan de réponse humanitaire, assurant ainsi l’intégration complète dela lutte antimines dans dans la réponse humanitaire globale.
Funding
L'UNMAS est actuellement financé par le budget prévisionnel de la MONUSCO. Par le passé, le Service de lutte antimines a également bénéficié du soutien financier du Fonds central d'intervention d'urgence, des gouvernements de Chypre, du Danemark, du Japon, de la Corée du Sud, des Pays-Bas, ainsi que de l'Association suédoise pour les Nations Unies. En outre, le gouvernement suisse met à disposition du personnel en nature, notamment des experts en NEDEX, en gestion de l'information, en sécurité et en logistique, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs du programme en RDC.
Pour plus d'informations :
M. Jean-Denis N. Larsen, Chef du programme de lutte antimines, UNMAS RDC
Data as of December 2025


















