Alors que la guerre au Moyen-Orient dure depuis maintenant un mois, trois Casques bleus de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) ont été tués et trois autres blessés au cours des dernières 24 heures dans le sud du pays, dans le contexte des hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.
Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche et autre grièvement blessé. Ils se trouvaient à l'intérieur de leur position à Ett-Taibe quand un projectile a explosé.
Lundi, deux autres Casques bleus indonésiens ont été tués dans le sud du Liban, lorsqu'une explosion d'origine inconnue a frappé un convoi logistique de la FINUL, détruisant leur véhicule près de Bani Hayyan. Un troisième Casque bleu a été grièvement blessé, et un quatrième a également été touché.
« Les attaques délibérées contre les Casques bleus constituent de graves violations du droit international humanitaire et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, et peuvent constituer des crimes de guerre. Le coût humain de ce conflit est bien trop élevé. La violence, comme nous l'avons déjà dit, doit cesser », a déclaré la FINUL dans un message sur le réseau social X.
Incidents inacceptables
« Nous condamnons fermement ces incidents inacceptables. Les Casques bleus ne doivent jamais être pris pour cible », a déclaré, lundi, le chef des opérations de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, lors d’un point de presse à New York. Il a précisé que la FINUL enquêtait sur ces incidents afin de déterminer les circonstances de ces événements tragiques.
« Nous demeurons vivement préoccupés par plusieurs incidents de comportement agressif à l'encontre des Casques bleus de la FINUL survenus au cours des derniers jours. Tous les actes mettant en danger les Casques bleus doivent cesser. Tous les acteurs doivent respecter leurs obligations de garantir, en tout temps, la sûreté et la sécurité des Casques bleus. L'inviolabilité des installations des Nations Unies doit être respectée », a dit M. Lacroix.
Il a souligné que les Casques bleus « demeurent sur le terrain, exécutant les tâches mandatées par le Conseil de sécurité, dans des conditions extrêmement dangereuses ». Il a noté que leur action était « contrainte », mais qu’ils « continuent de faire tout ce qui est en leur pouvoir ».
« Les femmes et les hommes de la FINUL font preuve d'un courage et d'un dévouement exemplaires pour promouvoir la paix et la sécurité internationales, loin de chez eux. Nous leur exprimons notre plus profonde reconnaissance », a affirmé M. Lacroix.
Possibles crimes de guerre
Dimanche soir, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fermement condamné l'incident survenu le même jour. Il noté qu’il s'agissait de l'un des nombreux incidents qui ont compromis la sûreté et la sécurité des Casques bleus.
« Une fois de plus, le Secrétaire général appelle tous les acteurs à respecter leurs obligations en vertu du droit international et à assurer, en tout temps, la sûreté et la sécurité du personnel et des biens des Nations Unies. Les attaques contre les Casques bleus constituent de graves violations du droit international humanitaire et de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité, et peuvent constituer des crimes de guerre. Les responsables devront rendre des comptes », a dit le porte-parole du chef de l’ONU, Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse.
Il a précisé lundi que le Casque bleu tué dimanche s'appelait Fahrizal Rambe et que son collègue grièvement blessé s'appelait Rico Pramudia.
La FINUL ignore l'origine du projectile et a ouvert une enquête afin d'en déterminer les circonstances. « Nul ne devrait jamais perdre la vie au service de la cause de la paix », a déclaré la mission dimanche.
« La situation est extrêmement volatile, extrêmement dangereuse », a souligné la porte-parole de la FINUL, Kandice Ardiel, dans un entretien avec ONU Info.
La FINUL soutient la mise en œuvre de la résolution 1701 qui a mis fin aux hostilités entre les forces israéliennes et le Hezbollah, lesquelles avaient éclaté il y a près de deux décennies.
« Les Casques bleus de la FINUL font l'objet de comportements agressifs, d'intimidations et de menaces. Une situation qui doit cesser immédiatement », a dénoncé M. Dujarric lundi.
Il a indiqué ainsi que samedi, un convoi de la FINUL circulant sur la route côtière, à proximité de son quartier général de Naqoura, a essuyé six tirs de sommation de la part d'éléments de l’armée israélienne stationnés à proximité. L'un des véhicules a été touché par des impacts d'armes légères.
Sur le chemin du retour, un char Merkava a ouvert le feu avec son canon principal, l'obus explosant à seulement 15 mètres d'un véhicule appartenant au convoi de la Force de réaction rapide de la FINUL. Le véhicule a subi des dommages mineurs, mais a pu poursuivre sa route.
Liban : plus de 50 travailleurs de la santé tués
Par ailleurs, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a signalé la perte d'un autre professionnel de la santé dans le contexte des affrontements au Liban.
« L'extension des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban a entraîné la mort d'un nouveau travailleur de la santé aujourd'hui », a déclaré dimanche le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un message publié sur le réseau social X.
Le secouriste a été tué lors d'une frappe visant une ambulance dans la ville de Bint Jbeil, tandis qu'un entrepôt médical situé au même endroit a été détruit lors d'une attaque.
« Avant les frappes d'aujourd'hui, l'OMS avait confirmé que 51 travailleurs de la santé libanais avaient été tués depuis le 2 mars, dont neuf secouristes rien que pour la journée d'hier », a précisé M. Tedros. « Les attaques contre les établissements de santé doivent cesser immédiatement. Cela ne saurait devenir la norme ».
Le bilan de l'escalade des hostilités entre le Hezbollah et Israël depuis le 2 mars s'élève désormais à 1 247 morts, a souligné lundi la Coordinatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert. Ce bilan inclut des travailleurs de la santé, des journalistes et des civils vaquant à leurs occupations quotidiennes, ainsi que des soldats libanais qui ne participaient pas aux hostilités.
Iran : un réacteur à eau lourde mis hors service
De son côté, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué dimanche que réacteur à eau lourde Khondab (nouveau nom du réacteur Arak), avait subi des « dommages graves » et n'était plus opérationnel.
Cette situation fait suite à une attaque perpétrée vendredi contre ce site situé dans le nord-ouest de l'Iran, a précisé l'agence onusienne dans un message publié sur X. « L'installation ne contient aucune matière nucléaire déclarée », a ajouté l'AIEA.
Implication du Yémen
S’agissant du Yémen, l’ONU s’inquiète de la récente décision des rebelles houthis de s'impliquer dans la guerre au Moyen-Orient en lançant des attaques militaires contre Israël.
« Nous exhortons les Houthis à s'abstenir de toute nouvelle implication et à privilégier, au contraire, les efforts diplomatiques et de médiation, notamment par l'intermédiaire de l'Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Hans Grundberg », a dit Stéphane Dujarric lundi.
M. Grundberg a averti ce week-end que cette escalade risquait d'entraîner le Yémen dans le conflit régional, compliquant davantage encore les efforts visant à résoudre la crise au Yémen.
« Nous demeurons résolus à promouvoir une paix juste et durable au Yémen. Cela exige de toutes les parties qu'elles privilégient les intérêts du peuple yéménite et évitent, par ailleurs, de se laisser entraîner dans la confrontation régionale », a ajouté M. Dujarric.





